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Le gothique primitif (1100-1190)

 
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MessagePosté le: Dim 21 Oct - 06:42 (2007)    Sujet du message: Le gothique primitif (1100-1190) Répondre en citant

(Source : http://www.encyclopedie.bseditions.fr/article.php?pArticleId=4&pChapitr…

Le mot "gothique" est utilisé en premier par l’Italien Giorgio Vasari en 1550 pour désigner l'art de la fin de Renaissance qui imitait l'art français du Moyen Âge . Le terme a une connotation péjorative, car les Humanistes de la Renaissance appellent à un retour au classicisme, c'est-à-dire aux formes dépouillées et pures de l'Antiquité. Effarés par ces constructions qui ne respectent pas les canons de la période de l'Antiquité, les artistes de la Renaissance choisissent le mot gothique pour signifier l’origine "barabare" de cet art, les Goths étant une ancienne peuplade germanique du Nord, dont les armées avaient envahi l'Italie et pillé Rome en 410. En fait, les Goths n'ont pris aucune part à la création de cet art qui est typiquement français. Il vaudrait mieux l' appeler "Art ogival" ou « Opus francigenum » (art français). (Ou encore, art de la lumière).

Lorsqu'au XIXe s. naît le mouvement romantique , l'intérêt pour l' ensemble du Moyen Âge se développe, et le mot "gothique" perd sa connotation négative. Il désigne aujourd'hui un mouvement artistique qui s'est étendu, en fonction des régions géographiques, de la première moitié du XIIe au début du XVIe s.

Le Gothique naît et se développe en Ile de France. La puissance des Capétiens triomphe des Plantagenêt anglais avec Philippe Auguste (1180-1223). Le royaume s'agrandit sous Louis VII (Croisade des Albigeois), Blanche de Castille, et Philippe III le Hardi. Deux grands souverains font de la France la première puissance occidentale : Louis IX (1226-1270) par son rayonnement moral et Philippe IV le Bel par un sens politique de premier ordre (1285-1314). En 1328 la couronne passe aux Valois. Les disputes territoriales avec l'Angleterre déclenchent la Guerre de Cent Ans (1337-1453) qui détruit tous les efforts du XIIIè mais affermit le sentiment national français symbolisé par Jeanne d'Arc.

L'art et l'iconographie gothique subissent l'influence de la littérature française : roman courtois (Chrétien de Troyes, Marie de France, poèmes de la Table Ronde, Roman de la Rose), lyrisme (Adam de la Halle, Colin Muset), verve populaire (Roman de Renart), théâtre religieux (Jeu d'Adam, Jeu de Saint Nicolas), mystères populaires...

L'Histoire naît et se développe avec le sentiment national (Grandes Chroniques de France, Villehardoin 1150-1213, Joinville 1224-1317, Froissard 1337-1410). La musique connaît le développement de la polyphonie, avec l'école de Notre Dame. Les théories de l' « Ars Nova » se diffusent en Europe par Guillaume de Machaut.

***

On distingue 4 périodes de l'art/architecture gothique :

1110-1190 - le gothique primitif (certains disent 1140-1190)
1190-1250 - le gothique lancéolé
1250-1375 - le gothique rayonnant
1375-1500 - le gothique flamboyant (et baroque)

La période qui nous intéresse ici est 1110-1190 - celle du gothique primitif qui est encore essentiellement roman ; on peut la subdiviser en 3 périodes :

1100-1140 / entre les deux premières Croisades (1096-99 et 1147-49)

Le premier art gothique, le gothique primitif naît durant la seconde partie du XIIè à l'abbatiale royale de Saint-Denis (1135). Le clergé séculier est alors tenté par un certain faste architectural. Saint-Denis, reconstruit sous l'impulsion de l'abbé Suger (1144) passe pour le prototype et est suivi au chœur de Saint Martin des Champs, Saint Pierre de Montmartre (1140) et au choeur de Saint Germain des Prés (1163). Mais ce parti, très audacieux, ne sera pas immédiatement compris et suivi (façade harmonique, double déambulatoire, voûtes d'ogives).

La cathédrale Saint-Étienne de Sens (1140) est un autre exemple initiateur de ce mouvement, mais moins audacieux que Saint-Denis : alternance des supports (piles fortes et piles faibles, voûte sexpartite, murs qui restent relativement épais. La principale des innovations de Sens est l'absence de transept qui unifie l'espace et l'éclairage plus abondant. Les apports de Sens sont compris plus vite que ceux de Saint-Denis et rapidement de nombreux édifices vont suivre son exemple, dans un premier temps au nord de la Loire comme Noyon, Senlis, Soissons, Laon et en Angleterre la cathédrale de Canterbury (1184 par Guillaume de Sens).... En province, ce sont Bellefontaine, l'église Saint Etienne de Beauvais et la chapelle de l'évêché de Laon.

1140-1155

Peu à peu l'on s'achemine vers le gothique pur en prenant pour modèle les édifices de l'art anglo-normand : façade encadrée de tours, tribunes sur les bas-côtés, alternance des supports (colonnes rondes - piles composées), galerie de circulation à la hauteur des fenêtres, croisée d'ogives quadripartite ou sexpartite : ainsi se présentent la cathédrale d'Evreux, l'abbaye des Hommes de Caen, l'abbaye des Dames de Caen.

Les premières grandes réalisations : 1155-1190

Les premières réalisations naissent dans la deuxième moitié du XIIè : Noyon (1155), Laon (1155-1160), Soissons (1180) et Notre Dame de Paris (1163 par Maurice de Sully puis Pierre de Chelles et Jean Ravy). La cathédrale de Paris influençe les églises de Mantes, St Germer de Fly, Arcueil, Saint Leu d'Esserent, Moret, Bourges, Le Mans. Ces cathédrales ont une voûte sexpartite et des tribunes sur les bas-côtés, avec une élévation à 4 étages (arcades, tribunes, triforium ou petites arcades situées sous les fenêtres hautes, fenêtres hautes). Laon et Soissons ont des croisillons arrondis. Paris renonce à l'alternance des supports dans la nef pour de grosses colonnes monocylindriques. On assiste aussi au développement de certaines particularités régionales :

* Dans le nord domine la verticalité.

* Dans l'ouest (Anjou et Poitou) règne une architecture plus robuste et trapue.

* En Bourgogne, mis à part Vézelay, tout est dominé par l'art des cisterciens de Saint Bernard : simplicité et harmonie, pas de sculpture, pas d'élévation exagérée, ni déambulatoire ni absidioles : Pontigny (1150), Preuilly, Noirlac, Cîteaux (1148, disparue). Cîteaux influence surtout l'Allemagne (Heisterbach 1202) et l'Italie (Fossanova, Casamari). Vézelay n'est pas cistercienne : Plan de Saint Denis, élévation de Sens dans le choeur.

***

La "philosophie" de l’art gothique

L'Europe des XII et XIIIès est hantée par le rêve de l'unité et de l'ordre et par l'idée de la raison et de la volonté divine.

Une symbolique forte

Le gothique s'illustre dans des lieux publics et assume également une fonction de représentation. La cathédrale gothique, construction la plus emblématique du style, est une image de la Jérusalem céleste. Manifestation de la puissance et de la grandeur de Dieu elle est une invitation à l'élévation spirituelle.

L'architecture gothique est l'incarnation de la théologie de la lumière élaborée par les pères de l'Église (en particulier saint Augustin) et « remise » au goût du jour par un François d’Assise qui voit dans la nature la glorification de Dieu et dans la lumière l'expression du divin. La cathédrale est avant tout un édifice de lumière et c’est cette recherche de la lumière qui exige la légèreté des structures gothiques et non un accident découlant de l'évolution des techniques.

La cathédrale est également une représentation de la cité de Dieu, domaine sacré, accueillant la communauté des croyants. Image du royaume de Dieu dans sa symbolique elle l’est aussi dans sa construction même qui met en œuvre une géométrie complexe, idéale, divine. Le plan gothique répond aux règles de la scolastique, l'édifice se divise en sections et subdivisions uniformes.

L’église, un livre de pierre

C'est aussi une œuvre politique. Commanditée par un évêque et financée par les nobles et les notables, elle est un outil de prestige de la bourgeoisie dominante comme en témoignent les tentatives parfois déraisonnables d'élévation. La flèche de la cathédrale domine toute la plaine et se voit de loin. La statuaire et l'iconographie richement colorées illustrent les évangiles et les valeurs morales de l'Église de manière compréhensible par tous. Il s'agit donc d'un fantastique outil pédagogique et dogmatique auprès de la plus large audience qu'elle peut accueillir.

La cathédrale gothique est aussi l'expression de la connaissance d'une « caste » d'architectes qui mêle la plus haute technologie de la pierre à une mystique ésotérique. Les secrets de conception et de réalisation de ces merveilles architecturales sont jalousement gardés au sein d'une confrérie dont les origines mythiques remontent à Hiram, l'architecte du Temple de Salomon. Le « Maître » gothique remplace l’humble communauté monastique romane.

L'architecture gothique est déterminée par un réalisme platonicien : raison, amour mystique et observation de la matière. Elle devient un art aristocratique et populaire à la fois, miroir du monde et de l'âme, basé sur un jeu de volumes, de vides, des effets de lumière et des éléments décoratifs.

De nouvelles techniques

La révolution gothique est survenue au moment où les avancées techniques rendent possible la réalisation de cet idéal philosophique : c'est en effet l'époque de l'invention de la brouette qui remplace les civières dans le transport des pierres, permettant ainsi un gain de main d’œuvre ; des cintres en bois sont réalisés pour faciliter la construction des arcs et surtout des ogives ; les maîtres d'ouvrages apparaissent : ils se servent de maquettes pour guider leur chantier et inventent le dessin d'architecture ; c'est enfin le temps de l'apparition de la roue de carrier, sorte d'ascenseur qui fonctionne grâce à deux hommes marchant dans une cage… Enfin la technique du fil à plomb est désormais maîtrisée.

***
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MessagePosté le: Dim 21 Oct - 06:42 (2007)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Dim 21 Oct - 07:12 (2007)    Sujet du message: Le gothique primitif (1100-1190) Répondre en citant

La lumière, symbole de la gnose et de la transfiguration (Christianisme)

(Extraits de "La centralité de la Transfiguration dans la spiritualité orthodoxe", conférence prononcée par le Métropolite Stephanos de Tallinn, lors de la XXXIe Rencontre Internationale et interconfessionnelle des Religieuses et des Religieux à Neuendettelsau, Allemagne, le 16 juillet 2006 - http://www.orthodoxa.org/FR/orthodoxie/theologie/Transfiguration.htm)

" (. . .) pour pouvoir s’approcher de la lumière de la Transfiguration, il faut d’abord prendre la résolution de gravir son propre Thabor qui est le lieu du cœur libéré de toutes ses passions. Si en effet c’est l’Esprit Saint qui nous transfigure, qui fait naître, grandir et vivre le Christ en nous, alors il faut lui faire de la place en nous purifiant de tout ce qui peut faire obstacle au rayonnement de l’Amour divin. Rappelons-nous de ce que disait déjà le moine Pacôme au 4e siècle : « Dans la pureté de son cœur, l’homme voit le Dieu invisible comme dans un miroir ».

La transfiguration intérieure, soulignait le Patriarche Bartholomée tout récemment, « exige un changement radical ou, pour utiliser le vocabulaire théologique, la metanoïa …Nous ne pouvons pas être transformés, si nous n’avons pas d’abord été purifiés de tout ce qui s’oppose à la transfiguration, si nous n’avons pas compris ce qui défigure le cœur humain ». Sinon à quoi bon raisonner sur la nature de la grâce, si l’on ne ressent pas en soi son action ?

(...) Quand nous lisons l’Evangile, nous voyons (qu') il se dégage trois moments pour notre édification spirituelle : d’abord la montée, c’est-à-dire l’ascèse, la purification du coeur , la lutte contre les passions ; ensuite le repos, la joie, la contemplation de la présence de Dieu, la communion à Dieu ; et enfin, la redescente dans la plaine, dans le quotidien, dans la banalité de l’instant. Cette succession constitue la trame de notre existence selon que notre vie dans l’Eglise suit ce rythme comme une sorte de respiration liturgique et plus particulièrement lorsque nous nous préparons à la Divine Eucharistie. La Transfiguration a, en ce sens, un caractère eschatologique (...)

(...) Pour Grégoire Palamas (9), la lumière divine est une donnée pour l’expérience mystique ; c’est le caractère visible de la Divinité, des énergies dans lesquelles Dieu se communique et se révèle à ceux qui ont purifié leurs cœurs. Palamas en effet s’est trouvé face au problème suivant : comment l’homme peut connaître Dieu tout en reconnaissant en même temps que Dieu est par nature inconnaissable ? Pour en rendre raison, il explique que Dieu est tout entier essence et tout entier énergie, imparticipable dans son essence mais en même temps participable dans ses énergies. L’énergie divine c’est donc le mode existentiel de Dieu dans lequel celui-ci se manifeste et se communique. L’énergie divine, c’est Dieu en tant qu’il sort de lui-même.

(...) « Celui qui participe à l’énergie divine…devient lui-même, en quelque sorte, lumière ; il est uni à la lumière et avec la lumière il voit en pleine conscience tout ce qui reste caché à ceux qui n’ont pas cette grâce ; il surpasse ainsi non seulement les sens corporels, mais aussi tout ce qui peut être connu ( par l’intelligence ) car les cœurs purs voient Dieu (…) qui, étant la lumière habite en eux et se révèle à ceux qui l’aiment, à ses bien-aimés » (9).

La théologie de la lumière est donc inhérente à la spiritualité orthodoxe : l’une est impossible sans l’autre. Derrière cette doctrine, on trouve l’idée fondamentale de l’homme fait à l’image et à la ressemblance de Dieu, la Sainte Trinité. Le thème constant de saint Jean l’Evangéliste est l’union personnelle et organique entre Dieu et l’homme ; pour Saint Paul, nous venons de le voir, la vie chrétienne est avant tout vie en Christ. Le mystère de la Rédemption signifie donc la récapitulation de notre nature par le Christ, Nouvel Adam et dans le Christ. Le mystère de la Pentecôte nous rappelle que l’œuvre de notre déification s’accomplit en nous par le Saint Esprit, Donateur de la grâce, celle-ci n’étant pas considérée par les Pères grecs comme un effet créé ; elle est l’énergie même de la Divinité se communiquant dans l’Esprit Saint. « Tu es devenue belle, mon âme, en t’approchant de ma lumière ; ton approche a attiré sur toi la participation de Ma beauté. S’étant approchée de la lumière, écrit Grégoire de Nysse, l’âme devient lumière ». La double économie du Verbe et du Paraclet a pour but l’union des êtres créés avec Dieu. Ici cependant, Créateur et créature ne fusionnent pas en un seul être ; dans la théologie mystique orthodoxe, l’homme ne perd jamais sa propre intégrité. Même déifié il reste distinct mais non séparé de Dieu : l’homme déifié ne perd pas son libre arbitre mais c’est tout aussi librement, par amour, qu’il se conforme à la volonté de Dieu. L’homme ne devient pas Dieu par nature, mais il est seulement créé dieu, un dieu par grâce. L’Eglise Orthodoxe écarte de cette façon toute forme de panthéisme.

Pour saint Syméon le Nouveau Théologien (10) l’expérience de la lumière, qui est la vie spirituelle consciente ( gnosis ), révèle la présence de la grâce acquise par la personne. « Nous ne parlons pas des choses que nous ignorons, dit-il, mais de ce qui nous est connu nous rendons témoignage. Car la lumière brille déjà dans les ténèbres, dans la nuit et dans le jour, dans nos cœurs et dans nos esprits. Elle nous illumine, cette lumière sans déclin, sans changement, inaltérable, jamais éclipsée ; elle parle, elle agit, elle vit et elle vivifie, elle transforme en lumière ceux qu’elle illumine. Dieu est lumière et ceux qu’il rend dignes de le voir le voient comme lumière ; ceux qui l’ont reçu, l’ont reçu comme lumière. Car la lumière de sa gloire précède sa Face et il est impossible qu’Il apparaisse autrement que dans la lumière. Ceux qui n’ont pas vu cette lumière n’ont pas vu Dieu car Dieu est lumière. Ceux qui n’ont pas reçu cette lumière n’ont pas encore reçu la grâce car en recevant la grâce, on reçoit la lumière divine et Dieu… »

« La Transfiguration est quelque chose qui concerne la cosmologie, qui concerne notre sentiment même de l’être des choses. L’être des choses est potentiellement sacramentel. Il y a une potentialité sacramentelle dans la matière, qui s’exprime dans la Transfiguration : le monde a été créé pour être transfiguré. Cette transfiguration, c’est l’homme qui doit l’accomplir ; en Christ qui est l’homme parfait, elle est accomplie mais elle est secrète, elle est enfouie, cachée dans la détresse de l’histoire, et le monde reste figé dans son opacité, par le péché et le refus des hommes. C’est pourquoi la création tout entière gémit dans les douleurs de l’enfantement du nouveau ciel et de la nouvelle terre. Il s’agit de faire monter à la surface du monde l’incandescence secrète. L’image employée ici par saint Maxime le Confesseur est justement l’image du buisson ardent. Le monde en Christ est secrètement, liturgiquement, sacramentellement, buisson ardent, et il s’agit – c’est cela la sanctification – de faire transparaître, à travers les visages et les regards, cette incandescence secrète » (14).

La Transfiguration devient ainsi la clef de l’histoire véritable, qui est l’histoire de la lumière, qui est l’histoire du feu, ce feu toujours présent mais qui a besoin pour tout embraser que des hommes se laissent consumer puisque le cœur de l’homme, quand il est touché par la lumière divine, devient le cœur du monde et communique la lumière, découvre les choses et les êtres dans leur vérité christique, c’est-à-dire dans la lumière de la Transfiguration : Selon Grégoire Palamas, « l’homme authentique, quand il prend comme chemin la lumière, s’élève ou plutôt est élevé sur les cimes éternelles ; il commence à contempler les réalités qui sont au-delà du monde, mais sans être séparé de la matière qui l’accompagne dès le début, car il ne s’élève pas sur les ailes imaginaires de son raisonnement, mais réellement, par la puissance indicible de l’Esprit » (15).

En fait, ce qu’il nous faut témoigner, c’est que le christianisme est la religion de la personne, de la communion, de la liberté, de la transfiguration non seulement de chaque être mais aussi de tout le cosmos. Nous ne sommes pas orphelins dans la prison indéfinie du monde : Dieu est la source d’une vie plus forte que la mort, la source de la joie qui vient à nous dans un immense mouvement d’incarnation : l’humain et le divin enfin s’unissent sans se confondre, le Christ est ressuscité. Toute notre existence est désormais déchiffrée à partir de la lumière qui jaillit du tombeau vide. Le néant n’existe pas : notre vérité d’homme, dès ici-bas, c’est bien la résurrection.

Notes

( 9): Grégoire PALAMAS : « Sermon pour la fête de la Présentation de la Mère de Dieu », éd. Sophocles, 176-177.
(10) : Syméon le Nouveau Théologien : Homélie LXXIX.
(11) :Constantin GREGORIADIS : « Le Monde en tant que création et la révolte de l’Humanisme autonome » in CONTACTS n° 57, Paris 1967, pp. 75 – 78.
(12) : Olivier CLEMENT : a) « Questions sur l’Homme », STOCK, Paris 1972 ;
b) « La Résurrection chez Berdiaev », CONTACTS n° 78-79, p.213
(13) : a) Panayotis NELLAS : « Théologie de l’image. Essai d’anthropologie orthodoxe » in CONTACTS n° 84, Paris 1973, pp.261-268.
b) Athanase le Grand : « Incarnation du Verbe »,3, PG 25,101 B ; 4, PG 25, 104 CD
c) R.BERNARD : « L’Image de Dieu d’après saint Athanase », Aubier, Paris 1952, pp. 2 et 91 – 126.
d) Vladimir LOSSKY : « Théologie mystique de l’Eglise d’Orient », Aubier, Paris, 1990, pp. 109 – 129.
e) Nicolas CABASILAS : « La Vie en Christ », 3,PG 150, 572 B.
(14) : Olivier Clément, loc.cit.
(15) : Olivier Clément, loc.cit.
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 08:33 (2018)    Sujet du message: Le gothique primitif (1100-1190)

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