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J. T. Désaguliers et l'esprit du temps, par le F.'. M. Baron (2005)

 
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MessagePosté le: Dim 25 Jan - 15:33 (2009)    Sujet du message: J. T. Désaguliers et l'esprit du temps, par le F.'. M. Baron (2005) Répondre en citant

Jean Théophile DÉSAGULIERS - (1683-1744)
et « l’ESPRIT DU TEMPS »
Par le Frère Michel Baron
Article publié le 26 avril 2005 sur le site de la GL du Québec,
http://roughashlar.com/members/article_index/9990191804024.html


Dans un article intitulé : « un peu de lumière sur les origines anglaises de la Franc - Maçonnerie », Florence de LUSSY écrit : « Pour s’être donné, dès l’instant où ils s’organisèrent une origine prestigieuse, remontant au temps les plus lointains, pour avoir délibérément inscrit la nouvelle institution dans un cadre mystique, les Francs-Maçons ne pouvaient que favoriser chez leurs historiographes, fervents adeptes ou détracteurs, le goût des demi - vérités qui engendrent et entretiennent la confusion. Ce qui advint... Dans leurs écrits, le vrai se mêle au faux en un mélange inextricable...(1)

Ce " flou artistique " faisait que, jusque dans les années 60, ceux qui abordaient le sujet se croyaient dégagés de toute rigueur en matière de recherches historiques, prenant pour argent comptant ce qui ne relevait que de très douteuses filiations historiques ou d'un " roman familial " à un niveau groupal... Nous étions plus près du conte de fées que d'une recherche historique classique !...

La littérature maçonnique, il convient de le dire, est le plus souvent truffée de fantaisies et cela a amené, paradoxalement, une prolifération vers un public avide de merveilleux : n'oublions pas que la " bibliographie " de WOLFSTIEG (2) parle de quarante quatre mille titres sur la question !

Au-delà des mythes et suppositions, plus que problématiques, demeure que les origines historiques modernes restent peu travaillées même par la très célèbre revue maçonnique britannique " ARS Quator Coronatorum" qui préfère consacrer des articles aux mythes plus qu'à la naissance officielle de la Maçonnerie.

Nous pouvons avancer l'idée que les origines de l'institution sont un fait typiquement britannique né de l'héritage même du pays. Il convient de rapprocher le contexte historique précédent et contemporain de la naissance officielle de l'institution (1717) pour constater qu'elle est l'émanation des idées qui agitent alors la société britannique.

A l'aube du XVIIIe Siècle, une nouvelle image du monde s'est imposée à la suite d'une longue évolution qui a débuté à la Renaissance. Paul HAZARD, dans son remarquable ouvrage (3) analyse parfaitement le phénomène : la redécouverte de l'Antiquité brise la scolastique et amène la curiosité scientifique, le goût du libre examen et le retour du néo - paganisme. Les expressions de cette période où naît la Franc-Maçonnerie sont typiques d'une révolution de la pensée : " Victoire du non-conformisme ", " hostilité à une autorité imposée ", " loi naturelle ", " avènement de la tolérance ", " morale purement humaine ", " dépassement de l'obscurantisme ", etc.

Le héros de cette période, nous dit Paul HAZARD, est le savant et non plus le théologien ! Le nec plus ultra n'est plus le port de tel ou tel titre, mais l'appartenance à la très célèbre " Royal Society " .

I - La " Royal Society " berceau de la Maçonnerie ?

Le destin de la " Royal Society " est très proche de celui de la Franc-Maçonnerie des débuts. Rappelons que l'intitulé complet de cette institution est " The Royal Society of London for Improving Natural Knowledge ". Ce titre est, ô combien, révélateur…

Cette Société fut fondée au milieu du XVIIe Siècle par des esprits éclairés et curieux de toutes les sciences, ou plus exactement ce qu'on appelait à cette époque les " New Philosophy " ou " Experimental Philosophy ". Mais bientôt elle se perfectionnera dans l'approfondissement des sciences physico-mathématiques par voie expérimentale (ceci se passa seulement en 1660 par la création d'un collège pour promouvoir la science expérimentale physico-mathématique. "Physical Mathematical Experimental Learning) ".

Il est important que, dès ses débuts, cette vénérable institution se soit donné comme but l'étude d'une philosophie et d'étendre la connaissance des faits naturels, ce qui n'était pas sans conséquence sur les nouveautés que cela allait introduire dans le domaine de la philosophie classique, la politique et surtout la théologie.

Avec les progrès remarquables des sciences mathématiques et physiques, c'est toute la mentalité de la société qui vacille et s'infléchit ! les tutelles sont secouées, on demande à ceux qui détiennent le pouvoir de le justifier, la raison devient la pierre angulaire des jugements qui sont portés sur les affaires humaines et divines...

Dans son " Histoire de la Royal Society " rédigée en 1667, l'évêque de Rochester, Thomas Sprat, évoque le souci des intellectuels de soumettre à l'examen de leur esprit toute chose humaine et théologique. Il souligne, cependant que cette curiosité ne conduit pas à l'irréligion ou à l'athéisme mais à la création d'une nouvelle religion ou d'une nouvelle philosophie religieuse qui aurait été ce que fut la création du protestantisme au XVIe siècle pour la bourgeoisie mais qui est dépassée à cette époque de renouveau scientifique. Nous avons là l'illustration des thèmes de Max WEBER et d'Ernst TROELTSCH (4)

De surcroît, cette Société attire en son sein des savants de toutes origines religieuses dans un esprit de tolérance qui exclut les discussions religieuses et prône une absolue tolérance religieuse dans une époque déchirée religieusement. C'était déjà poser comme idéal une société des esprits où l'on ne tient compte que de la valeur et des aptitudes de chacun, quelque fût son état. Quarante ans avant qu'elle ne naisse, le programme de la Maçonnerie s'organise à travers la " Royal Society " qui en est, en quelque sorte, son berceau.

Thomas SPRAT va définir aussi les rapports de la " Royal Society " avec le christianisme et il est intéressant de voir qu'il comparait la nouvelle philosophie prônée par la " Royal Society " au porche du temple de Salomon. Il écrit (5) : " This is a Religion, which is confirm'd, by the unanimous agreement of all sorts of Worship! And may serve in respect to Christianity, as Salomon's Porch to the Temple ". C'est ce qui s'exprimera de façon très proche dans l'article I des " Constitutions " d'ANDERSON...

On saisit à la fois l'attachement à un symbolisme de valeur universelle (nous sommes très proches du symbole du Grand Architecte de l'Univers !) et le culte grandissant de la Nature qui, à travers les découvertes retentissantes de NEWTON, conduira les esprits paliers par paliers vers le déisme et, pour les plus audacieux, vers l'athéisme qui gagnera progressivement les différentes couches de la société au XIXe siècle, principalement en France.

Le culte de la Raison et l'esprit de libre examen est l'un des fruits de la Réforme et il est incontestable qu'ils aient favorisé l'essor prodigieux qui concurrence à cette époque les mathématiques et les sciences physiques. Mais nous pouvons aussi avancer l'idée, avec Gérard HUARD, que c'est le " discours de la méthode " (6) qui " rétablit enfin la raison dans ses droits et dans ses titres : DESCARTES au XVIIe siècle, en un pays et à l'époque où l'église parait triompher, ne craint pas d'énoncer une doctrine d'où découle implicitement l'autonomie de la conscience morale " (7).

Les " Free Thinkers " britanniques très actifs, non-conformistes, vont accélérer la crise que les églises et le christianisme connaissent depuis longtemps...

II - L'Anglicanisme et le Presbytérianisme en crise.

Quand en mai 1660, Charles II monte sur le trône à l'incitation du " Convention Parlement " il trouve une église aussi divisée qu'avant la guerre civile. Avant de quitter la Hollande où il s'était réfugié il avait publié la " Déclaration de Breda " qui était un acte de tolérance que confirmeront les déclarations d'indulgences de 1660, 1662 et 1672.

La restauration de la monarchie après l'épisode de Cromwell a nécessité la restauration de l'église officielle par les évêques et la liturgie du " Prayer Book ".

Parmi les puritains, certains modérés sont prêts à accepter un épiscopat modéré. Le roi, la cour et le chancellier HYDE (futur comte de Clarendon) sont plutôt favorables au clergé laudien et à l'épiscopat traditionnel et les nouveaux dignitaires sont choisis dans ses rangs. Le clergé rétabli restait le problème du "Prayer Book" que refusaient les puritains. C'est pour le réviser que se réunit, en avril 1661, la "Savoy Conference" qui proposa une " liturgie réformée " dont l'un des articles nouveaux concernait la présence du Christ, " no real or essential presence " et devenant " no corporal presence ". Les épîtres et les évangiles furent empruntés à " l'Authorised version " de la Bible de 1611. Le nouveau " Prayer Book " fut imposé par l'acte d'uniformité de 1662.

Son usage exclusif fut rendu obligatoire à partir du 24 août. Le " Clarendon Code ", dont fait partie l' " acte d'unification " était destiné à renforcer l'unité de la Monarchie et de l'Anglicanisme. Les lois promulguées vont faire désormais une frontière entre l'église d'Angleterre et les non-conformistes. Le " Corporation Act " de 1661 impose un serment de fidélité au roi et à l'église anglicane. Puis, fut constitué le " Uniformity Act " qui composait le " Prayer Book " et exigeait du clergé l'engagement de ne pas prendre les armes contre le roi et de répudier le " Solemn League and Covenant ". En 1664, le " Conventicle Act " interdit toute réunion de plus de cinq personnes et concernait les catholiques et les non-conformistes...

Enfin le " Five mile Act " visait le déplacement des non-conformistes en leur interdisant.

En opposition avec son Parlement, le roi va multiplier les déclarations d'indulgence. Celle de 1672 suspendant les lois pénales contre dissidents et catholiques, se vit apposer le " Test Act " voté l'année suivante qui mettait en question la prérogative du roi en matière religieuse. Cette loi obligeait tous les fonctionnaires à recevoir l'eucharistie selon le rite anglican et à prêter serment d'obligeance au roi et à faire une " déclaration contre la transsubstantiation ".

Louis G RATABOUL (8) pense que " l'acte aux desseins plus politiques encore que religieux, visait tous ceux qui se situaient hors de l'église d'Angleterre mais surtout les catholiques (9). Un complot catholique découvert en 1678 va déclencher une très forte haine anti-papiste.

CHARLES II meurt en 1685 dans le sein de l'église catholique et Jacques II, lui-même catholique et remarié à une princesse catholique, monte sur le trône d'un pays officiellement anglican. D'abord protecteur de l'église officielle, il ne va pas tarder à commettre l'erreur d'installer des catholiques aux postes de commandes du royaume. Sa " déclaration d'indulgence " d'avril 1687 va achever de détériorer le climat social : le roi y proclamait l'entière liberté de culte pour les catholiques et les dissidents et suspendait les lois pénales. Sept évêques qui refusaient de donner lecture du texte dans les églises, furent enfermés à la Tour de Londres mais ils furent acquittés par un tribunal ce qui créa la fin politique de Jacques II qui s'enfuit d'Angleterre et Guillaume d'Orange, au terme de la " Glorious Revolution " monta sur le trône. Ce fut une victoire de l'anglicanisme sur le catholicisme. Désormais, aucun catholique ne pouvait monter sur le trône d'Angleterre. La dynastie des Stuarts était terminée.

Guillaume d'ORANGE approuva le " Toleration act " voté par le nouveau parlement en 1689 qui visait à regrouper tous les protestants autour du roi calviniste.

Seuls les catholiques et les unitariens étaient exclus. Ce qui eut pour conséquence chez ces derniers, à intégrer prudemment l'église anglicane où ils vont fonder le courant latitudinaire qui deviendra la " Broad Church " et à laquelle appartiendront NEWTON et DESAGULIERS entre autres.

GUILLAUME III ne réussit pas à rassembler les protestants anglais en une seule église et ne parvient pas non plus à éviter le schisme des " non-jureurs " : 400 clercs et neuf évêques quittèrent l'église anglicane plutôt que de prêter serment à GUILLAUME et MARIE. Théologiens érudits, ils continuèrent la tradition des " Carolines divines ". En maintenant la tradition de la " High Church " ils sont les précurseurs du mouvement d'Oxford du XIXe siècle.

Peu à peu, de façon souterraine ou plus affirmée le monde religieux va être traversé par un grand courant rationaliste qui subsistera jusqu'à nos jours. C'est d'abord à l'Université de Cambridge que va se manifester ce mouvement : les " Cambridge Platonists " se firent les avocats de la raison, le plus sûr critère pour parvenir à la vérité. Les plus célèbres furent : Henry MORE, Nathaniel CULVERWEL, Benjamin WICHCOTE et Ralph CUDWORTH. Ils étaient nourris de mystique néo-platonicienne et considéraient la raison comme la " voix même de Dieu ".

Ils affirmeront avec " le livre des proverbes " que " l'esprit de l'homme est la lumière du Seigneur ". Ils déniaient toute valeur essentielle à la forme du gouvernement dans l'église aux dogmes et à la liturgie et cherchaient à concilier la raison et le révélé, la philosophie et la théologie, la tolérance et la " comprehensiveness ", convaincus que la raison est l'arbitre souverain de la religion naturelle comme de la religion révélée. Ce libéralisme leur valut alors le nom péjoratif de " latitude-men " ou " l'atitudinarians " qui formera le courant latitudinaire de l'église anglicane. Ils réagissent aussi très fort contre le calvinisme ambiant et la théorie de la prédestination, insupportable à leurs yeux.

Dans un temps où LOCKE dans son " Essai sur l'entendement humain " et dans " le caractère raisonnable du christianisme " se fait le prophète de la raison et de la tolérance, les latitudinaires apportent à leur église une tolérance qui a manqué aux protagonistes de la haute église et aux puritains. Ces premiers latitudinaires compteront dans leurs rangs des noms remarquables comme Edward STILLINGFLEET, évêque de Worcester et auteur de " Trenicum " qui, est un plaidoyer en faveur de la tolérance. Gilbert BURNET, évêque de Salisbury, et les primats TILLOTSON et TENISON préconiseront, comme BURNET, le retour des non-conformistes dans l'église anglicane.

Peu à peu, une désaffection des dogmes va se produire qui vont essuyer de violentes controverses entre les corps religieux. Par exemple la trinité va devenir un champ de conflits ! le rationaliste, Samuel CLARKE va affronter les théologiens de la haute église NELSON et WATERLAND. La " Bangorian Controversy " fut suscitée en 1717 par un évêque latitudinaire de Bangor, Benjamin HOADLY : il soutint devant le roi GEORGES I que les évangiles ne prouvent pas la nécessité de l'autorité d'une église visible. La conséquence fut que le roi prorogera les " Convocations " (elles ne furent rétablies qu'au XIXe siècle, celle de Canterbury en 1852 et celle d'York en 1861).

Le latitudinarisme anglican va même faciliter la naissance du déisme en Grande-Bretagne. Cette tendance rationaliste visait à réduire le christianisme à une religion naturelle et raisonnable en évacuant la révélation et le surnaturel. L'infaillibilité de la bible est mise en question et mystères et miracles sont relégués au magasin des accessoires.

Le précurseur en fut HERBERT of Cherbury. Le développement des sciences au XVIIe siècle va y contribuer pour beaucoup. Francis BACON expose une nouvelle philosophie des sciences, William HARVEY perfectionne la découverte de la circulation du sang faite à l'origine par l'unitarien Michel SERVET, Robert BOYLE fonde la chimie moderne et Isaac NEWTON formule les lois de la gravitation. Cette avancée scientifique a reçu sa validation dans la reconnaissance par la charte de la Royal Society de Londres en 1662.

Mais c'est surtout la lassitude consécutive aux querelles religieuses et au fanatisme en découlant qui vont pousser les élites du temps à une tolérance qui ressemble fort à une indifférence polie mais cependant à la recherche d'une spiritualité large qu'elle soit dans le christianisme ou non...

Parmi les théoriciens du déisme deux grands noms se détachent : John TOLAND (qui contribuera à l'élaboration des " constitutions d'ANDERSON") et qui opèrera une résurgence du druidisme (rappelons pour l'anecdote que note Frère Winston CHURCHILL sera un membre actif du " Druid Order ") va faire paraître, en 1696, son " christianity not mysterious " et un an après le " Reasonableness of christianity de Locke paraît. Déjà la " bible " du déisme était " christianity as old the creation " de Mathew TINDAL, depuis 1630.

Il est inutile de dire que ces publications vont profondément influencer le courant latitudinaire unitarien de l'église anglicane et naturellement la Franc-Maçonnerie naissante.

En fait les hommes éclairés de l'époque sont dans l'attente d'une nouvelle église philosophico-religieuse qui puisse accueillir en son sein : scientifiques, " Free Thinkers ", philosophes et théologiens libéraux dans une tolérance absolue.

Incontestablement, DESAGULIERS peut être considéré comme celui qui va non seulement participer activement à la création de la Maçonnerie historique mais aussi celui qui va donner une direction philosophique issue de l'évolution des idées de la philosophie des Lumières ; Fuyant avec son père les persécutions catholiques, il se réfugie en Grande-Bretagne. Il deviendra pasteur de l'Église anglicane, mais surtout membre de la ''Royal Society'' où se regroupent les éléments progressistes de la société historique tant sur le plan scientifique que philosophique, et dont Isaac NEWTON sera l'un des plus remarquables fleurons. C'est de la ''Royal Society'' que va naître la Franc-Maçonnerie et Théophile DESAGULIERS en sera l'artisan. baignant dans ce climat va œuvrer à la mise en place de ce rêve de " nouvelle église " de la Franc-Maçonnerie, à un point que plus tard Fernand TOURRET écrira (10) :

" L'existence d'un rituel complexe, précis, à la fois calendaire et suscité par les circonstances momentanées, suffira à elle seule à ranger la Maçonnerie parmi les formes sociales à caractère religieux. La pensée scientifique moderne ne fait plus de la croyance à une providence le critère suffisant de la religion bien des structures sociales, bien des formes de pensée collective, qui se figurent et se définissent comme formes laïques, rationnelles, dynastiques, sont par elles rangées parmi les formes religieuses. Elles ne sont pas moins mystiques, d'ailleurs, que les grandes religions, même et surtout lorsqu'elles font intervenir la Raison. "

III - John Théophilus DESAGULIERS, un homme au carrefour de la Révolution des Idées.

Grand Maître de la Grande Loge d'Angleterre en 1719, DESAGULIERS jouera un rôle fondateur des " Constitutions dites d' " ANDERSON " ". Il est connu, en Grande Bretagne, pour avoir été le grand protagoniste des idées scientifiques de NEWTON. Nous devrions dire aussi des idées philosophico-religieuses de ce dernier à travers la Maçonnerie naissante. C'est à la " Royal Society " qu'il va le rencontrer alors que NEWTON en est le Président.

John THEOPHILUS est né dans le fief protestant de La Rochelle. Il en sera chassé avec son père Huguenot. Réfugié en Angleterre, il fait ses études à Oxford et entre dans l'église anglicane. Là intervient une première nuance d'importance : on a coutume de dire que DESAGULIERS était pasteur en oubliant de préciser qu'il le fut dans l'anglicanisme et non dans le protestantisme classique de type Knoxien comme il se pratiquait en Ecosse par exemple, dans sa forme presbytérienne. Ceci est d'importance pour l'avenir de la Maçonnerie : incontestablement nous pouvons considérer que la Maçonnerie fut construite sur les fonds baptismaux du protestantisme mais pas sur un protestantisme particulier qui est celui du mouvement latitudinaire à tendance unitarienne…

DESAGULIERS est admis dans l'aristocratie ce qui va lui permettre de consacrer beaucoup de temps à ce qu'il aime : la science. En 1710, il est nommé Chapelain du futur Duc de Chandos, James BRYDGES et il obtient aussi une rente du Lord High Chancelier, William COOPER. Ces relations brillantes lui permettent de se rapprocher de la famille royale qu'il tient informée des derniers développements en matière de pensées philosophiques. Mais sa passion scientifique le poursuivant il commence une carrière de scientifique en devenant l'assistant de John KEILL à Oxford. Il lui succèdera en 1709 dans sa fonction de lecteur-démonstrateur. En 1713 il s'installe à Londres avec une notoriété qui ne laisse pas le cercle de la " Royal Society " indifférent : on offre à DESAGULIERS la place de Francis HAUKSBEE, créateur des expérimentations au sein de l'institution, décédé en avril 1713. NEWTON, alors Président, sur les instances de KEILL, soumet la candidature de DESAGULIERS en juillet 1713. Il est élu secrétaire en 1714. NEWTON a beaucoup influé sur cette candidature car DESAGULIERS avait réalisé de nombreuses expérimentations sur la théorie de la physique du rayon lumineux et des couleurs, théorie que NEWTON souhaitait voir reçue par le monde scientifique. Cela coïncidait aussi au danger potentiel que présentait la venue de Leibnitz à Londres au moment de la succession hanovrienne. De ce fait, il est probable que DESAGULIERS fut chargé de défendre la suprématie Newtonienne en matière de philosophie naturelle : Dès 1714 DESAGULIERS reprenait devant les membres de la " Royal Society " les expérimentations sur le prisme qu'il maîtrisait parfaitement depuis 1713. NEWTON intégra d'ailleurs dans sa quatrième édition de l' " Opticks " les résultats des expérimentations de son collaborateur DESAGULIERS. Ce dernier va faire plusieurs voyages en Europe, en particulier en France, en février 1715, où il rencontre Pierre Coste et lui demande de traduire l' " Opticks ".

En même temps que ses recherches scientifiques, DESAGULIERS poursuit ses études théologiques et philosophiques : il est ordonné prêtre en décembre 1717 (il avait été ordonné diacre en 1710) et obtient le titre de docteur en droit de l'université d'Oxford en 1718. Au sein de l'Église anglicane, il est proche des milieux latitudinaires : cela lui permet de poursuivre ses travaux scientifiques sans être inquiété pour ses idées unitariennes, comme son Maître NEWTON. Mais ce cadre ne suffit pas à DESAGULIERS et à de nombreux autres : c'est à cette occasion que l'idée de la Maçonnerie va naître dans ce protestantisme ultra-libéral nourrit de culture biblique. DESAGULIERS veut concrétiser l'idée de volontarisme dans l'idée que l'homme peut trouver sa dignité dans la gestion à gérer le monde et à poursuivre une quête de Dieu. En 1728 il publie " le système newtonien du Monde : meilleur modèle de gouvernement ", dédicacé à GEORGES II.

Sur un plan Maçonnique nous pouvons deviner qu'il fut l'auteur principal des " Constitutions " ANDERSON en étant le rédacteur mineur.

Dès 1723, dans les " obligations des constitutions d'ANDERSON ", DESAGULIERS va développer un projet constitutionnel et politique puisé dans les idées newtoniennes : dans le préambule, il rappelle que l'homme fut constitué par le créateur comme responsable de l'accomplissement des œuvres terrestres. L'homme, promu individu créateur et sujet de droit au sein d'un espace séparé du droit des églises, dispose de la capacité juridique d'atteindre à sa dignité par ses œuvres, refusant ainsi la prédestination calviniste. Dans " de Dieu et de la Religion " le lien est souligné qui unit le Maçon et la loi morale. C'est une forme de contrat qui est passé entre le Grand Architecte et le Maçon qui s'engage à accomplir son ouvrage terrestre. Cet engagement est supérieur, par essence, à son appartenance religieuse. Mais ce contrat privé ne le dispense pas pour autant des liens avec le monde " profane " de la cité à laquelle il appartient. Il doit être un citoyen paisible dans un environnement civil gouverné par un " Magistrat Suprême ".

Pour DÉSAGULIERS DÉSAGULIERS, la Maçonnerie doit devenir le lieu où l'homme à la capacité de comprendre les phénomènes physiques du monde naturel et de s'approprier le savoir qui lui permet d'administrer les affaires terrestres sans que soient rompus, à aucun moment, les liens qui l'unissent au Grand Architecte de l'Univers…

Ce lieu idéal, utopique, pourrions nous dire, ne peut se concevoir que dans une tolérance absolue reposant sur une liberté de conscience puisée dans la libre interprétation des textes sacrés ou non… Nous retrouvons là la très nette influence du guide et modèle de DESAGULIERS : Isaac NEWTON…

DESAGULIERS, homme savant, traducteur de plusieurs traités de physique de ses contemporains, tant hollandais qu'italiens ou français, chapelain du Prince de Galles a un véritable enthousiasme pour NEWTON. Nous pourrions dire une adulation. Cet homme relativement austère ira jusqu'à écrire un poème long et compassé, (le seul qu'il n'écrira jamais !) qu'il intitulera : The newtonion System of the World. The Best Model of Government! on allegorical poem with a plain and intelligible Account of the system of the world, by way of annotations"

Nous pouvons par exemple extraire un court passage du texte publié en 1728 :

" Nature, compell'd, piercing mind obeys and gladly shows him all her secret ways against mathematics she has no defence, and yields t'experimental consequence" (11)

Le Frère J.R. CLARKE auteur d'un excellent article intitulé : "The royal Society and early grand Lodge Freemassony " où il écrit : " La Société comptait parmi les fellows les esprits les plus évolués de l'époque : ils étaient curieux de tout et quelques-uns d'entre eux - Ashmole, Audrey, Locke et Wren, par exemple avaient manifesté de l'intérêt pour la Maçonnerie dans la dernière moitié du XVIIe siècle " (12).

En outre, l'auteur révèle que presque tous les grands Maîtres, durant les cinquante premières années d'existence de la Grande Loge, avaient été "fellows " de la " Royal Society ".

Il arrive à la conclusion que dans les années 1720, il y avait environ deux cents " fellows " et que les noms d'un très grand nombre d'entre eux apparaissent dans les listes de Francs- Maçons de 1723, 1725 et 1730. Pour l'année 1723, la proportion est de un sur cinq. En 1725, la proportion grandit encore et passe à un sur quatre. Mais à partir de 1730 on observe un déclin continu du nombre des " fellows " en Loge tandis que, parallèlement, les effectifs de la Franc-Maçonnerie connaissent une augmentation. On peut expliquer ce phénomène par le rôle de DESAGULIERS qui entraîna une partie des membres de la " Royal Society " dans la Maçonnerie. Mais nombreux y furent déçus et quittèrent l'institution. Nous pouvons dire que de 1723 à 1730 la Maçonnerie britannique connu l'apogée de la présence du monde intellectuel dans ses loges. Elle ne connaîtra plus jamais cet " âge d'or " …

L'utopie d'une société idéale propre à la "Royal Society " fut reprise par le révérend DESAGULIERS avec un caractère religieux marqué. Ce microcosme qui avait la particularité d'être à la fois une société de pensée, un groupement prônant une éthique, et une corporation fondée sur l'entraide et la solidarité était placée sous les auspices bienfaisants du Grand Architecte de l'Univers, garant de l'ordre du monde, inspirateur d'un gouvernement idéal qui tout en fuyant la tyrannie ne verserait pas dans la démagogie.

Le génie du révérend DESAGULIERS va être de re-découvrir les vertus de cet habillage social que représentaient les coutumes, le vocabulaire et le système symbolique de la corporation des Maçons dont il se dit l'héritier ! l'Institution existait possédant à Londres de puissantes assises. Il l'investit et l'ordonna selon les préceptes de l' " idéologie newtonienne ". Pourquoi la Maçonnerie ? Nous pouvons dire que c'était le goût du jour le " zeitgeist " : l'esprit géométrique newtonien régnait en maître et on se passionnait pour la géométrie.

Pour contrer les attaques contre la " Royal Society " accusée d'athéisme par les églises, le révérend DESAGULIERS préfaça, l'année qui précéda son accession à la Grande Maîtrise, une traduction anglaise d'un traité d'un mathématicien hollandais connu, Bernard NIEUWENTIZDT .Le titre en est. intéressant " The Religions Philosopher on the right use of contemplating the works of the creator. For the conviction of atheists and infidels" (13);

Beaucoup de "fellows" n'étaient pas des fidèles de l'Eglise anglicane établie "The Stablished Church" mais étaient non - conformistes surtout unitariens et ils ne tenaient pas attirer ni à la " Royal Society " ni à la Franc-Maçonnerie des ennuis. C'est pourquoi la première des " Old Charges " et des " Constitutions of the free Masons " du pasteur Jones ANDERSON est limpide :

" I concerning GOD, and Religion :

"A mason is oblig'd by his Tenure to obey the moral Law and if it he rightly understand the Art, he will never be a stupid Atheist, nor an irreligious Libertine. But though in ancient Times Masons were chang'd in every country to be of the Religion of that country or nation, whatever it was, get is now thought more expedient only to oblige them to that Religion in which all men agree, leaving their particular opinions to themselves, that is, to be good men and true or men of honour and honesty, by whatever denominations or persuasions they may be distinguish'd, where by Masonny becomes the Center of union, and the mean of conciliating true friendship among persons that must have remain'd at a perpetual distance".

Ce texte imprimé en 1723 par William HUNTER pour John SENEX au Globe peut se traduire par :

" Un maçon est obligé par sa Tenure d'obéir à la Loi morale et s'il entend bien l'Art, il ne sera jamais un Athée stupide, ni un Libertin irréligieux. Mais bien que dans les Temps anciens les Maçons aient été soumis à l'obligation d'appartenir à la Religion de l'état ou de la nation, quelle qu'elle fût, on pense, aujourd'hui, qu'il vaut mieux laisser à chacun ses opinions particulières et ne leur imposer d'autre religion que celle sur laquelle tous les hommes sont d'accord : elle consiste à être bon, loyal, homme d'honneur et de probité, quelles que soient d'ailleurs les dénominations ou Croyances qui les distinguent, de la sorte, la Maçonnerie devient le Centre de l'Union, seul moyen d'établir des liens d'amitié sincère entre personnes qui, autrement, fussent toujours demeurées étrangères les unes aux autres "…

Pour un britannique du début du XVIIIe siècle, les termes d' " irreligious Libertine " et "d'atheist " sont équivalents et se rapportent aux " free thinkers " qui, sans nier l'existence de Dieu, contestaient la religion et les dogmes. Il existait un vrai danger et c'est pourquoi le révérend DESAGULIERS demanda au pasteur ANDERSON de rédiger les fameuses " constitutions ".

Le pasteur James ANDERSON (1697-1739) appartenait à la religion presbytérienne. Il connaissait bien les persécutions étant à l'époque tenu à l'écart de l'église officielle anglicane et ainsi, connaissait le prix de la tolérance et cette idée d'assembler des croyants de tous courants sur la base de quelques principes reconnus par tous. En tant que pasteur appartenant à une secte dissidente, James ANDERSON, ne pouvait exprimer une pensée favorable aux " free thinkers ". D'ailleurs, les sermons que l'on connaît de lui le présentent comme un fervent adepte de sa religion : il publia un texte en 1733 intitulé " Unity in Trinity and Trinity in Unity " qui visait les " idolâtres, les juifs modernes et les anti-trinitaires ".

Pour rédiger les " constitutions " , ANDERSON s'inspira des " Old Charges " de la corporation des Maçons dont les deux plus illustres spécimens remontaient à la fin du XIVe siècle et au début du XVe siècle : ce sont le " Regius Manuscrit, circa 1390 " et le " Cook manuscrit circa 1410 ". Les " Old Charges " dont on a recensé quelques cent vingt cinq versions en Grande Bretagne, sont toutes composées suivant le même modèle (14).

La tâche du révérend James ANDERSON fut donc simple : il eut à adapter simplement les " old charges " aux conditions nouvelles. Ainsi, à peine née, la Grande Loge n'eut qu'à se glisser dans les habits des vrais constructeurs et de bénéficier d'un passé qui n'était pas le sien !

Nous pouvons penser que DESAGULIERS demanda à ANDERSON de rédiger les " constitutions " afin qu'il serve de caution vis à vis des autorités. Nous perdons ensuite très vite la trace du pasteur James ANDERSON…

L'insertion de la Maçonnerie dans le tissu social de l'époque fut aisée : l'institution se coule dans un moule ancien, reconnu des autorités civiles et ecclésiastiques. D'autre part, le renom des savants qui président son essor, garantit l'institution. Les loges premières élurent un Grand Maître, parmi les membres qui les composaient " jusqu'à ce qu'ils aient l'honneur d'avoir à leur tête un frère émanant de la noblesse " (15). On nomma en premier un certain Antony SAYER dont on ne sait rien et, l'année suivante, Georges Payne dont on ignore tout aussi. Les minutes de la Grande Loge nous disent cependant qu'Antony SAYER était un petit commerçant qui connut des difficultés et fut secouru par deux fois, le 24 novembre 1725 et le 15 juin 1738. Georges PAYNE, lui sera réélu Grand Maître en 1720. Il fut " Premier Grand Surveillant " en 1724 et " Député Maître " en 1725.

C'est avec la nomination du troisième Grand Maître, élu en 1719, le révérend Jean-Théophile DESAGULIERS, que la Franc-Maçonnerie dite " spéculative " va prendre naissance. Du commerce on en vient au savant, lequel cèdera la Grande Maîtrise aux nobles et ce, jusqu'à nos jours : dès 1721, John Duke of MONTAGU fut élu Grand Maître. Lui succéda Philip Duke of Wharton. Puis ce fut Francis, Earl of Dalkeith. Bientôt la Maçonnerie devint une mode d'où le snobisme n'est pas absent. Sur le continent, les choses vont être différentes. Par exemple, en France, la Franc-Maçonnerie va être connue en 1737. Elle va déclencher d'abord la curiosité, ensuite l'hilarité (tout un théâtre anti-maçonnique voit le jour !) puis en dernier lieu une hostilité : le Cardinal FLEURY, malgré l'estime qu'il porte au Chevalier RAMSAY, va montrer les plus grandes réticences à l'égard d'une institution qui fonctionnait dans le secret et échappait ainsi à la tutelle de l'église et de l'état (16). Il craint aussi que la Maçonnerie ne soit dans le monde le " cheval de Troie " du protestantisme et, en France, celui du quiétisme de Fénelon qu'il combat depuis toujours et auquel Michel de RAMSAY s'est rallié lors de sa conversion au catholicisme.

En Grande Bretagne, en regard de ses hautes protections, la Franc-Maçonnerie ne sera pas inquiétée, ce qui tend à prouver qu'elle diffuse une idée de tolérance qui est acceptée. Par prudence, ANDERSON, rajoute dans la deuxième rubrique des " constitutions " " A mason is a peaccable subject to the civil Powers, wherever he resides or works and is never to be concern'd in Plots and Conspiracies against the peace and welfare of the Nation " (17)

Jean Théophile DESAGULIERS avait réussi son entreprise. La nouvelle institution assagissait et réglementait des conceptions révolutionnaires qui travaillaient les esprits les plus doués de l'époque tout en garantissant le bon ton, la " respectability " si chère à la Société Britannique…

Mais au-delà de cela, DESAGULIERS mettait en acte la pensée philosophique et religieuse de son Maître : Isaac NEWTON…

IV - NEWTON l'impérissable (1642 - 1727)

Cet homme de génie cumule les dons tant scientifiques, artistiques que théologiques. C'est " l'homme complet " par excellence. L'un des rares esprits auxquels il est donné de changer le cours de l'histoire en profondeur. D'autant plus remarquable que rien ne le prédestinait, en apparence, à une telle notoriété. Il sera l'image même du " Self made man " chère aux anglo-saxons. Nos souvenirs estudiantins nous rappellent que c'est à NEWTON que la mécanique rationnelle doit son nom, c'est de lui que le système du monde a reçu une explication basée sur une nouvelle conception de la force, c'est lui aussi qui a doté la théorie de la lumière d'un impressionnant ensemble de données expérimentales. Mais NEWTON a d'autres centres d'intérêts spéculatifs qui ne sont pas sans conséquences pour notre sujet.

Isaac NEWTON est né dans un hameau du Lincolnshire. Son père issu d'un milieu très modeste meurt à sa naissance et sa mère va se remarier avec un prêtre anglican deux ans plus tard. Il est confié aux soins de son oncle et de sa grand-mère. Il fréquente l'école locale. Sa mère le reprend pour tenter de l'intéresser à la gestion agricole de leur petite propriété. En vain ! Isaac NEWTON est plus du côté de la culture que de l'agriculture…

Il arrive à Cambridge en 1660 et fait la rencontre d'Isaac BARROW, auteur des " Leçons Mathématiques " qui inspireront plus tard LEIBNITZ et l'Hospital. Ce savant va assurer la formation de NEWTON chez qui il trouve un terrain de prédilection : en 1664, NEWTON avait assimilé la " Géométrie " de DESCARTES et joignait à la connaissance de l'algèbre l'étude des lois d'application des séries infinies. Il est reçu bachelier ès arts en 1665, mais doit regagner Woolthorpe pour une retraite forcée de deux ans car Cambridge vient de fermer pour cause de peste ! De cela il va prendre l'habitude de travailler seul. Durant les années 1666-1667, les " années admirables ", NEWTON va élaborer les directions fondamentales d'une œuvre considérable : dans le domaine mathématique, il va rédiger cinq mémoires sur l'application des séries infinies à une méthode générale pour l'analyse des propriétés infinitésimales des courbes et pour les processus inverses qui permettent de remonter de l'infinitésimale au fini. Dans le domaine de la mécanique, il découvre l'accélération du mouvement circulaire uniforme : NEWTON considère, sous le nom de force centripète, ce qui est susceptible d'être présenté comme la motivation même de la trajectoire circulaire, ce qui va l'amener à se poser la question de savoir si la gravité observée à la surface de la terre et la rotation de la lune autour de la terre ne répondent pas au même schéma explicatif. La légende veut que ce soit en voyant tomber une pomme dans son verger de Woolsthorpe qu'il en reçut l'illumination ! Durant ce même séjour à Woolsthorpe, NEWTON travailla plusieurs mois sur la taille et le polissage des lentilles non-sphériques, poursuivant la recherche des Dioptres parfaits (18) qui avait intéressé DESCARTES après KEPLER.

Quand NEWTON revient à Cambridge pour succéder à BARROW dans la chaire de mathématiques, nous pouvons dire que tous les fondements de son œuvre sont posés.

Ces cours d'optique vont lui donner rapidement une notoriété dans le monde savant de l'époque. La construction d'un télescope à miroir va assurer tout d'abord son élection à la Société Royale des Sciences de Londres en janvier 1671 et l'année suivante il va présenter devant la Société Royale une communication sur la théorie des couleurs qui fut publiée dans les " Philosophical Transactions " et diffusée tant en Grande Bretagne que sur le continent. Cette communication aura des conséquences polémiques ! bien qu'elle fut un succès, sa théorie va lui attirer des polémiques avec le jésuite français Ignace Gaston PARDIES et avec Robert HOOKE, membre de la Société Royale.

En 1675, il dépose un manuscrit sur les propriétés de la lumière en demandant qu'il ne soit pas publié pour ne pas envenimer le conflit avec HOOKE qui avait déjà fait quelques découvertes dans ce champ. Cette attention va le réconcilier avec HOOKE et il va recevoir de lui l'impulsion qui va faire naître la partie principale de son œuvre : HOOKE se rendait compte que NEWTON pouvait être celui qui résoudrait complètement la détermination exacte de la loi d'attraction. Il faudra, en 1684, une visite de l'astronome Edmond HALLEY à Cambridge pour que se révèle l'état d'avancement du travail de NEWTON. Suscité et inspiré par HOOKE, ce travail présentait enfin, à cette époque, la première démonstration de l'équivalence des lois de KEPLER avec une force centripète inversement proportionnelle au carré de la distance.

Mais cette découverte va avoir comme effet le retour, cette fois définitif, de la brouille avec HOOKE.

La gloire de NEWTON éclate par le fait qu'en deux ans il fut capable de rédiger une véritable somme pour une science nouvelle et codifier ce qui allait devenir la charte de la méthode scientifique rationnelle. En 1686-1687, il publie les " Principes mathématiques de la Philosophie Naturelle " volume de 500 pages qui bénéficiera pour sa publication de l'aide financière de Halley. C'est une somme scientifique qui va avoir un énorme retentissement en Europe.

En 1696, son activité créatrice va être freinée par une grave dépression nerveuse dont il conservera des traces toute sa vie. Cette dépression intervient de façon paradoxale au moment où il était au sommet de sa gloire : il fut nommé au poste important de maître de la monnaie qui, outre un grand avantage financier, le faisait vivre à Londres où il trouvait des contacts riches et variés. En 1701, il présente à la " Royal Society " un mémoire de chimie et la mort de HOOKE en 1703 lui autorisa à publier " Optique " en même temps que son élection à la présidence de la Société, charge qu'il occupera jusqu'à la fin de sa vie. Dans la première édition en langue anglaise de l' " Optique " il ajouta à ses rédactions antérieures de très importants compléments qu'il proposait sous le nom de " Théorie des accès de facile transmission " une préfiguration de la notion de longueur d'onde, tout en restant fidèle à une conception corpusculaire de la lumière.

Dans l'édition latine il donna en appendice un traité de calcul intégral qui révélait enfin ses méthodes au grand public. Sa dernière contribution au progrès de la science fut l'addition de trente et une " questions " à la seconde édition anglaise de l' " Optique " en 1717.

Les conséquences pratiques des travaux scientifiques de NEWTON vont être considérables ainsi que les pensées philosophiques qui en découlent et qui seront bien plus révolutionnaires que celles d'un DESCARTES : elles alimenteront la philosophie et la théologie moderne ainsi que, chose surprenante, les réflexions de certains utopistes du XIXe siècle comme FOURRIER par exemple ! (19)

L'homme reste mystérieux, prudent dans ses conceptions philosophico- théologiques, VOLTAIRE le comparant à DESCARTES, nous apprend qu'il est célibataire (20) Une opposition singulière dans laquelle il se trouve avec DESCARTES, c'est que, dans le cours d'une si longue vie, il n'a eu ni passion ni faiblesse, il n'a jamais approché d'aucune femme ! c'est ce qui m'a été confirmé par le médecin et le chirurgien entre les bras de qui il est mort. On peut admirer en cela NEWTON, mais il ne faut pas blâmer DESCARTES "…

Représentant de la science classique, NEWTON proclame l'universalité des lois qu'il avait découvertes dans ses " Philosophiae Naturalis Principia mathematica " paru à Londres en 1687. Avec la découverte des lois de la gravitation qui maintiennent les planètes dans leur orbite, c'est l'architecture même de l'univers que son génie met en évidence. Mais à percer les secrets de la Grande Horlogerie du monde, on divinise ce dernier. Dès lors Dieu n'est plus que le garant de cette régularité : il règne mais ne gouverne plus. Nous pourrions dire que la " newtonian ideology " avec humour, conduit à une monarchie constitutionnelle : le Cosmos ! Reléguée dans l'abstraction la divinité a perdu de son prestige et consacre le triomphe de la nature. Celle-ci qualifie tous les domaines de la connaissance : on parle de science naturelle, de droit naturel, de religion naturelle. Nous pouvons évoquer aussi de la naissance d'une théologie naturelle ! Le philosophe LOCKE de tendance unitarienne en est un représentant (21): " ne vous révoltez donc plus contre la sage et modeste philosophie de LOCKE, loin d'être contraire à la Religion, elle lui servirait, si la Religion en avait besoin, car quelle philosophie plus religieuse que celle qui n'affirmant pas ce qu'elle conçoit clairement et sachant avouer sa faiblesse, vous dit qu'il faut recourir à Dieu dès qu'on examine les premiers principes ? ".

Il convient aussi de rappeler que NEWTON va être passionné par l'Alchimie tout en travaillant dans le domaine de la physique. Dans l'alchimie, NEWTON recherchait la structure du monde, un système du microcosme qui ferait le pendant avec celui du macrocosme. Il est intéressant de rappeler d'ailleurs que dans " Republicae Christiana-politonae Description " le célèbre alchimiste J.V. ANDREAE 1586-1654) jeta les bases d'une idéologie politico-religieuse centrée sur l'étude de la nature qui présente de remarquables similitudes avec celle que prônait la " Royal Society " à ses débuts.

On note chez NEWTON une insatiable curiosité et un souci très moderne de pluridisciplinarité. Cette curiosité fut, par le passé, condamnée par l'Eglise (l'affaire GALILEE est là pour nous le rappeler !) et NEWTON et son entourage veulent trouver un courant religieux qui non seulement ne condamne pas la science mais aussi l'intègre dans son mode de pensée.

L'unitarisme leur ouvre ses portes…

Les unitariens sont les représentants de l'un des plus vieux courants de l'histoire religieuse. Ils remontent à l'hérésie d'Arius qui commença à hiérarchiser la Trinité pour finir par la rejeter en insistant sur le côté humain de JÉSUS. Condamné par différents conciles l'arianisme va cheminer souterrainement et va réapparaître durant les grandes invasions : il sera la religion officielle des Goths avant leur conversion tardive au christianisme officiel.

Le mouvement va renaître au XVIe siècle en Europe. Les " Frères polonais " dont le grand Théologien était Fauste SOCIN, il créa une théologie unitarienne (le catéchisme de RAKOV) et fonda même une faculté de théologie. La réaction violente conjointe des catholiques et des protestants obligea les unitariens à fuir. Il existait certains petits groupes en Hollande et en Allemagne se réclamant du " catéchisme de RAKOV ". En Transylvanie il y eut une Eglise officielle unitarienne durant le règne de Jean SIGISMOND.

En France, oeuvrait dans l'ombre, Michel SERVET, médecin et théologien qui fut capturé à Genève et odieusement condamné à mort par Jean CALVIN.

Naturellement le mouvement va très vite s'implanter dans les mouvements non - conformistes en Grande Bretagne et va fleurir au XVIIIe siècle : il représente alors l' " Eglise du Progrès et de la Tolérance ". Le révérend Théophilus LINDSAY va d'ailleurs créer une Eglise sous cette dénomination. Le savant Joseph PRIESTLEY en fut le chef principal.

D'autres personnalités vont se rapprocher discrètement de cette tendance religieuse : LOCKE, le poète MILTON, DESAGULIERS et naturellement NEWTON. Ce courant étant particulièrement répandu parmi les " Fellows " de la " Royal Society " ! Thomas SPRAT, l'historien de la Société en fut notamment et parmi les noms les plus fameux qui l'illustrèrent, nous pouvons citer pour le XVIIe siècle : Robert BOYLE, Henri MORE, John WILKINS, John TILLOSTON, Isaac BARROW (22)

C'est un mouvement religieux qui est condamné sévèrement mais est, d'une certaine manière, "à la mode " dans les milieux intellectuels, VOLTAIRE a une très grande sympathie pour eux et nous pouvons avancer l'idée qu'il partageait leurs convictions. Il en parle avec chaleur dans les lettres philosophiques (23): " Quoi qu'il en soit, le parti d'Arius commença à revivre en Angleterre, aussi bien qu'en Hollande et en Pologne. Le grand Monsieur NEWTON faisait à cette opinion l'honneur de la favoriser ; ce philosophe pensait que les unitariens raisonnaient plus géométriquement que nous. …. Le parti d'Arius, après trois cents ans de triomphe et douze siècles d'oubli, renaît enfin de sa cendre ; mais il prend très mal son temps de reparaître dans un âge où le monde est rassasié de disputes et de sectes. Celle-ci est encore trop petite pour obtenir la liberté des assemblées publiques ; elle l'obtiendra sans doute, si elle devient plus nombreuse ; mais on est si tiède à présent sur tout cela qu'il n'y a plus guère de fortune à pour une religion nouvelle ou renouvelée : n'est-ce pas une chose plaisante que LUTHER, CALVIN, ZWINGLI, tous écrivains qu'on ne peut lire, aient fondé des sectes qui partagent l'Europe, que l'ignorant MAHOMT ait donné une religion à l'Asie et à l'Afrique, et que messieurs NEWTON, CLARKE, LOCKE, LE CLERC, etc., les plus grands philosophes et les meilleures plumes de leur temps, aient pu à peine venir à bout d'établir un petit troupeau qui même diminue tous les jours "…

Dans ce texte, VOLTAIRE nous rappelle les rigueurs du gouvernement britannique principalement contre les unitariens : exclusion de l'Édit de Tolérance de 1689 et Bill d'interdiction en 1721.

Ces lois vont amener les unitariens à chercher une " couverture " et à rejoindre l'Eglise officielle où ils vont créer l' " Eglise élargie " la " Broad Church ".

Jusqu'en 1813 ils furent menacés d'exil et parfois de mort. La plupart se réfugièrent en Amérique du Nord où ils fondèrent " l'American Unitarian Association " dont le centre intellectuel sera Boston - Reconstitués en Grande Bretagne, ils formèrent, en 1825, la " British and Foreign Unitarian Association ". D'autres groupes vont se développer en Europe.

Les unitariens rejettent le dogme trinitaire et n'exigent ni profession de foi ni doctrines imposées. Leur idée de Dieu les rapproche du Théisme : ils prêchent une loi d'amour pour Dieu et pour les hommes enseignée par JÉSUS et croient en la vie éternelle. Aux Etats-Unis, ils donneront naissance au mouvement philosophico-littéraire des Transcendantalites.

V - CONCLUSIONS

Nous ne pouvons que constater le peu d'études réalisées sur la période historique de la maçonnerie, au profit de ce que nous pouvons appeler l'histoire " mythique " (Temple de Jérusalem, HIRAM de Tyr et HIRAM ABIF, chevalerie templière, Rose-croix, etc…)

Etudes d'autant plus faciles à mener que nous ne possédons que peu de documents sur cette période.

L'affiliation même au compagnonnage traditionnel mérite une réflexion sérieuse, d'autant que les compagnons eux-mêmes et leurs historiens, dénient à la Franc-Maçonnerie une filiation quelconque avec eux… Il convient peut-être de jeter un coup d'œil sur la guilde des Maçons en Angleterre afin de nous permettre de situer, avec plus de justesse, la très puissante " Masons Company " qui régnait sur le métier à la fin du XVIIe siècle et au début du siècle suivant. Bien que forte encore la guilde est en recul car l'âge d'or de la construction des cathédrales (XIVe et XVe siècles) tire à sa fin. C'est au XIVe siècle que le titre de " Free Masons " apparaît en Angleterre : il est opposé à celui de " roughmasons " qui désigne une catégorie inférieure d'artisans. L'appellation de " master freestone Mason " que l'on rencontre dans le " statute of Labourers " de 1531, est suivie de l'expression équivalente en français " Mestre Mason de franche peer ". Cette pierre " franche " et de grain fin était susceptible d'être travaillée et sculptée. L'organisation des métiers exigea très vite que les artisans fussent de condition non servile : des " freemen " et non des " bondsmen ". Enfin les réglementations imposèrent un temps d'apprentissage aux candidats au terme duquel ils accédaient à la " freedom " de leur " company " et devenaient " accepted Masons ". Certains d'entre eux accédaient à la " city freedom " celle-ci étant indispensable pour celui qui voulait s'installer à son compte à l'intérieur de l'enceinte de la cité : La Renaissance avec son ouverture sur la modernité et son esprit libéral en matière d'économie va heurter de plein fouet le monde des corporations : le fossé va s'élargir rapidement entre les maîtres qui possèdent une charge et s'adonnent au commerce (les " Tradesmen ") et les ouvriers qui confectionnent les produits mis sur le marché (les " craftsmen ") les enfants de " freemens " obtiennent d'office leur " freedom by patrimony " sans qu'ils aient à parcourir les sept années d'apprentissage. Pour les autres, l'accès à la " Company " devient de plus en plus difficile.

D'autre part, un autre danger menaçait de plus en plus la tradition : la possible entrée dans la " company " de personnes étrangères au métier sous réserve d'acheter leur droit d'entrée. Ils deviennent ainsi des "Accepted Masons " Mais, à partir de 1670, on les appellera " Masons by rédemption ", ce qui n'est pas totalement dépourvu d'humour !…

La poussée capitaliste industrielle va transformer la " company of free Masons of the city of London " qui va devenir une puissance d'argent, de moins en moins préoccupée des intérêts des hommes du métier. Au début du XVIIe siècle, elle contrôlait dans de fortes proportions le marché de la construction à Londres. L'incendie de 1666 va accroître encore son influence.

De plus en plus, ce sont les " businessmen " qui vont s'installer à sa tête, d'obédiences protestantes en grande majorité. Les hommes de métier, quant à eux, la quitte pour continuer la tradition dans le compagnonnage traditionnel opératif notamment dans la " Worshipful Society of the free Masons of the City of London ".

D'un côté les grands marchands se désintéressaient du sort des travailleurs et s'éloignaient de leur coutumes, de l'autre, les hommes de métier s'indignaient de voir à la tête de leur corporation des hommes ne possédant aucune compétence manuelle propre.

Les différents courant protestants britanniques vont s'intéresser très vite à la Maçonnerie comme " centre de l'union ". Ainsi :


* ils se retrouvaient dans une ambiance qui était proche de la réalisation de la prédestination calviniste,
* ils puisaient, à travers la Maçonnerie, une idéologie de la gloire du travail, mais aussi de la réussite permise et encouragée,
* ils encourageaient la science et les nouvelles découvertes (au service de l'industrie),
* ils mettaient en place une sorte de " modus vivendi " religieux où les églises, les courants et les sectes religieuses protestantes, pouvaient se sentir à l'aise dans un cadre déiste patronné par le Grand Architecte de l'Univers.

L'acceptation d'autres courants religieux sera très tardive et toujours très problématique au point que, par exemple, Michel de RAMSAY, créera une Maçonnerie " parallèle " s'appuyant sur la cour jacobite de St Germain en Laye pour donner droit de cité au catholicisme, dans la Maçonnerie, via un très problématique apparentement à la noblesse et à la chevalerie.

Cette origine historique de la Maçonnerie liée à la fois à la fin des querelles religieuses et à la montée de la bourgeoisie entreprenariale ne pouvait " tenir " qu'en lui donnant des racines mythiques nobles. Il fallait d'urgence mettre en place un " roman familial ".

Ce que la Maçonnerie fit et ce qui lui assura une certaine pérennité bien que, pour l'historien et le philosophe, la Franc-Maçonnerie est le pur produit d'une époque, le " Zeitgeist " d'une Europe éclairée…



Notes

(1) De Lussy Florence : Un peu de lumière sur les origines anglaises de la Franc - Maçonnerie

Paris : Revue de la Bibliothèque Nationale n° 12 Eté 1984 (page 17)

(2) Wolfstieg August : Bibliographie der Freimaurerischen Literatur (3 volumes)

1911 Verein der Deutscher Freimaurer

(3) Hazard Paul : La crise de la Conscience européenne 1680 - 1715

Paris Editions Fayard 1961

(4) Weber Max : Ethique du Protestantisme et esprit du Capitalisme

Paris : Editions Plon1963

Troeltsch Ernst : Histoire des religions et destin de la Théologie

Fidès - Cerf 1996

(5) " C'est une religion qui rencontre l'assentiment unanime de tous les cultes et qui, relativement au christianisme, peut être comparé au Porche du Temple ".

(6) DESCARTES René : Le discours de la méthode

Paris - Editions Flammarion 1966

(7) Huard Gérard : L'Art Royal - Essai sur l'histoire de la Franc - Maçonnerie

Paris - Editions Marcel Giard - 1930

(8) Rataboul Louis G : L'anglicanisme

(9) Paris - P.U.F. 1982 (page 57)

(10) TOURRET Fernand : Clefs sur la Franc-Maçonnerie

Paris - Editions Seghers 1975 (Pages 114 - 115)

(11) " La nature contrainte se soumet à son esprit perçant et lui montre volontiers toutes ses voies secrètes contre les mathématiques, elle ne peut se défendre et elle cède au raisonnement expérimental "

Cité par : Ilya Prirogine et Isabelle Sttangers in : La Nouvelle Alliance-Métamorphose de la Science

Paris - Gallimard - 1979 (page 33)

(12) Clarke J.R. Transactions of the Quatuor Coronati Lodge - n° 2076

London - Volume 80 - 1967 (pages 110 - 119)

(13) Londres 1718

(14) Horne Alex : The Masonic Tradition of King Salomon's Temple

London - Ars Quatuor Coronatorum - 1967 - Volume 80 (Pages 8 à 35)

(15) ANDERSON James : New book of Constitutions - 1738

(16) Chevalier Pierre : Les Ducs sous l'acacia, ou les premières fois de la Franc-Maçonnerie Française

Paris - Editions Vrin 1961

(17) " Un maçon doit se soumettre aux autorités civiles de l'endroit où il réside ou travaille, et ne jamais se mêler de complots ou conspirations visant à troubler la paix et le bon ordre d'une Nation ".

(18) Dioptre (du grec : dioptrion) terme utilisé à partir de 1547 pour désigner une surface optique séparant deux milieux de réfringence inégale..

(19) Beecher Jonathan : Fourrier -

Paris - Editions Fayard - 1993

(20) VOLTAIRE - Lettres philosophiques

Paris - Editions Garnier Frères 1964 - Quatorzième lettre : sur DESCARTES et NEWTON (page 74)

(21) VOLTAIRE - Lettres philosophiques

Paris - Editions Garnier Frères 1964 - Treizième lettre : sur M. Locke (page 68)

(22) Jacob Margaret C : Thenewton and the English Revolution 1689 - 1720

New-York Cornell University Press - 1970 (pages 22 - 71)

(23) VOLTAIRE - Lettres philosophiques

Paris - Editions Garnier Frères 1964 - Septième lettre : sur les Ariens ou anti-trinitaires (pages 31, 32)
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MessagePosté le: Dim 25 Jan - 15:33 (2009)    Sujet du message: Publicité

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